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Le lifting, une intervention plurielle

Aujourd’hui, si les femmes demeurent les premières prescriptrices de liftings, environ 20% des demandes émanent d’hommes et ce pourcentage a tendance à s’accroître année après année. Les motivations sont globalement les mêmes que chez les femmes: d’ordre personnel autant que professionnel. Dans les entreprises, la « prime à la jeunesse », dont me parlent de nombreux patients, ne paraît pas réservée aux femmes ! Dans certains secteurs, comme la communication ou la publicité, il semble que l’âge constitue un handicap plus lourd que dans d’autres secteurs parce que l’apparence y joue un rôle plus important. Mais ce ne sont pas les seuls secteurs où ce phénomène se rencontre. Des témoignages de patients me montrent que, par exemple, dans le monde de la finance, dont l’image traditionnelle est plutôt austère, l’apparence et la « jeunesse» sont en train de devenir des atouts importants de réussite. Ils confirment ce que l’on constate aujourd’hui en Angleterre: Londres connaît un boom des cliniques de chirurgie esthétique, dont de nombreux clients sont les golden boys de la City. Autour de la Bourse de Londres, ce ne sont plus le chapeau melon, les cheveux grisonnants, le léger embonpoint et le costume strict qui révèlent les banquiers et les financiers!

Si le lifting est l’acte le plus symbolique de la chirurgie esthétique, ce n’est pas l’intervention la plus répandue (même si c’est celle dont la fréquence a le plus fortement augmenté entre 1995 et 2005). D’autre part, derrière ce terme, se cache une diversité d’interventions. Le lifting – de l’anglais « to lift» qui signifie « soulever» – a pour objectif de corriger le relâchement du visage quand les années lui ont fait perdre de sa fermeté.

Avec les années, le visage subit une double série d’« attaques» : au niveau – visible – de la peau et au niveau – invisible – des tissus sous-cutanés. Avec quels effets? La peau se creuse et les tissus s’affaissent. Mais ces deux phénomènes ne sont pas liés et font l’objet, en chirurgie esthétique, de traitements différents et distincts. Le lifting n’a pas d’effet sur les rides mais agit sur les tissus sous-cutanés en corrigeant leur affaissement, en les repositionnant, en les remodelant en ôtant ou, au contraire, en injectant de la graisse.

Il faut bien expliquer en outre que le lifting ne saurait modifier la peau « cassée », ni faire disparaître totalement le pli nasogénien (plis qui descendent des ailes du nez jusqu’au coin de la bouche). Il ne faut pas hésiter non plus à décevoir un peu la patiente lorsque celle-ci, pour indiquer la correction désirée, tend la peau du visage avec ses doigts. Cet effacement serait possible si nous pouvions clouer la peau sur le squelette à la façon d’un tapissier; or nous suturons la peau du visage à une autre peau, elle-même mobile. Ainsi, après quinze jours pendant lesquels elle se plaint d’avoir été trop tirée, l’opérée constate avec un léger agacement qu’un peu de mou revient. La disparition progressive de ce phénomène qu’on appelle « l’effet Cendrillon », lié à la fonte de l’œdème qui fait réapparaître les ridules provisoirement gommées, doit être bien expliquée.

Les visages ne vieillissent pas tous de la même façon.

D’une part de par leur forme: minces, ils ont tendance à se « friper» et à perdre du volume à la suite de la fonte de la matière graisseuse: sur les visages ronds, en revanche, on observe, avec les années, un affaissement de la peau et un déplacement des volumes. D’autre part, la qualité de la peau influence également les effets du vieillissement. Une peau trop épaisse est plus propice à s’exposer à de profondes rides. Une peau très fine laisse voir de petits vaisseaux superficiels mais offre un meilleur maintien. Une peau très élastique a, elle, tendance à se relâcher et à marquer d’avantage à chaque expression du visage (on n’y compte pas moins de vingt-sept muscles qui rendent possibles nos mimiques et permettent sa mobilité et son expression vivante !). Un visage avec une importante quantité de graisse présente l’avantage de donner un air plus jeune jusqu’à 45 ou 50 ans. Mais, après, au contraire, lorsque la peau se relâche, cette graisse a tendance à alourdir le visage. et donc à le « vieillir ».

Il est important d’analyser géométriquement la forme du visage. Un visage jeune est triangulaire avec deux points pommettes et un point menton. Lors du vieillissement, avec la chute des pommettes, et l’apparition des bajoues, le visage devient carré et le but du lifting est de redonner une triangulation au visage.

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Le lifting est aujourd’hui la seule technique qui permet de contrer le mouvement d’alourdissement ou d’affaissement du visage dont le temps qui passe est le principal responsable. La chirurgie esthétique va s’efforcer de corriger le mieux possible, en fonction de l’état de la peau et de la demande du patient ou de la patiente … et de l’habileté du praticien. En effet, en même temps que retendre la peau, il est essentiel de veiller à lui redonner une structure en jouant sur les volumes dans le respect de l’harmonie et de la forme du visage. Une technique, développée par le docteur Fournier et affinée récemment par l’Américain Coleman, consiste à prélever de la graisse dans les fesses ou les hanches, à la centrifuger pour la purifier puis à l’injecter aux zones du visage que nous choisissons de combler: le sillon nasogénien, la joue, le menton.

 

Après un lifting, l’effet tenseur est acquis de façon durable: une dizaine d’années, voire plus à condition de respecter une bonne hygiène de vie. En effet, si la peau est « cassée» par le tabac ou le soleil, le chirurgien aura beau remettre en tension le tissu sous-cutané, ces « cassures » ne seront que très modérément améliorées et elles nécessiteront d’autres gestes de médecine esthétique comme le laser, la lumière pulsée, le filling. Le lifting rechape le tissu mais, en aucun cas, ne le change ; c’est pour cela que, en fonction des individus, le résultat ira du spectaculaire au simple coup d’éclat. Il n’y a pas si longtemps encore, on ne pratiquait que le lifting « total ». En photo, le résultat était satisfaisant : le visage présentait une allure rajeunie. Mais, dans la réalité, dès que la personne se mettait à parler, le visage se montrait figé, comme un visage de cire cherchant à s’exprimer. De plus, plusieurs semaines étaient nécessaires pour que la personne opérée puisse reprendre une activité normale. Tout cela, à présent, est de l’histoire ancienne. Parce que les techniques ont considérablement évolué et parce que, aujourd’hui, de plus en plus, on procède à des liftings localisés, parcellaires. Ces interventions moins lourdes et mieux ciblées répondent mieux aux objectifs déterminés avec les patients.

En quoi consiste un lifting?

Très schématiquement, l’opération se déroule en trois temps: d’abord, le chirurgien détache une partie de la peau du visage, dont l’étendue est fonction de chaque cas; ensuite, il la tend vers l’arrière et vers le haut, de façon extrêmement précise et dosée; enfin, il en élimine le superflu cutané, et éventuellement graisseux, avant de recoudre le pourtour de ces tissus. Pendant longtemps, le lifting s’est contenté d’agir sur la seule peau. Aujourd’hui, cette action est complétée par un repositionnement et un étirement des muscles – destinés à corriger leur relâchement – et des dépôts graisseux présents sous la peau. Cela améliore très sensiblement le résultat, en qualité comme en durée. Une des interrogations les plus couramment exprimées par les patients concerne la perte d’expression du visage que le lifting entraînerait. Bien sûr, cette crainte est alimentée par l’image de certaines personnalités au visage figé, comme de la cire, que la télévision ou les magazines nous ont donné l’occasion de voir. Mais cette crainte est-elle justifiée ? Disons-le tout net : ces visages la résultaient d’interventions pratiquées à une époque, pas très lointaine, où les techniques n’étaient pas celles d’aujourd’hui. Actuellement, un lifting réalisé par un chirurgien qualifié et habile ne modifie pas l’expression du visage et ne lui donne pas cet air figé. Les techniques du lifting ont considérablement évolué au cours des dernières années. Les procédés opératoire ont progressé en précision, inefficacité et en sécurité en même temps que la connaissance des mécanismes du viellissement de la peau s’améliorait – en partie grâce à la cosmétologie, précieuse alliée de la chirurgie esthétique. Aujourd’hui en France, patientes et patients souhaitent que les résultats de l’intervention soient les plus discrets possible, contrairement par exemple aux Etats-Unis, où il est de bon ton d’afficher son lifting…

Ces différents liftings se différencient d’abord par la partie du visage qu’ils traitent.

Article Paris Match N° 3330

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